42ème Semaine - Chine

Jiayuguan, Chine le 21/08/2016

 

Au poste, en garde à vue...

 

On frappe lourdement à la porte. Pas le souvenir d'attendre des visites, c'est probablement la réceptionniste qui revient avec une copine pour un selfy de plus... pas toujours facile la vie d'artistes !

Malicieusement, nous ouvrons le battant sur: deux policiers en uniforme. Un officier, grand et bedonnant, portant casquette haute et un gratte-papier gringalet képi vissé sur la tête, nous toisent suspicieusement.

La route de la soie traverse la Région autonome ouïghour du Xinjiang, considérée comme "sensible" par les autorités chinoises. Selon nos informations, pas besoin d'autorisation particulière pour nous rendre jusqu'à Kashgar, mais ce qui était valable hier ne l'est plus forcément aujourd'hui et ce ne serait pas la première fois que l'on aurait une info erronée...

Sur un ton martial, l'agent le plus gradé, nous lance une tirade en mandarin, alors que le petit fouine déjà dans la chambre. 

Nous ne sommes vraiment pas à l'aise. Pour l'obtention du visa chinois, il faut fournir un itinéraire détaillé au jour le jour. Impossible de mentionner le Tibet, pas recommandé d'indiquer la province du Xinjiang. Nous avons du faire preuve de beaucoup d'imagination pour compléter les soixante-cinq jours agendés dans l'Empire du Milieu. Concours de criconstances ou simple coïncidence, le matin même, nos permis pour le Toit du monde nous on été envoyés...

Nos passeports sont minutieusement inspectés, chaque page tamponée amène une question sans réponse, pour nous ça reste du chinois !

Quelques photos et un coup de fil, la décision est prise, on nous embarque ! 

Dans une petite salle malodorante et peu éclairée du poste de police, on se prépare à un éventuel interrogatoire. La version doit être la même et l'histoire plausible. Si ça tourne au vinaigre, on exigera de contacter l'ambassade.

Deux heures plus tard et quelques verres d'eau chaude plus loin, les vérifications ont été effectuées. Nous sommes descendus dans un établissement qui n'est pas autorisé à recevoir des étrangers. C'est pas nous qui avons un gros problème, mais le propriétaire, penaud, de l'auberge qui a dérogé à la règle.

Sous bonne escorte, nous quittons les lieux interdits pour une suite de luxe, réquisitionnée spécialement par l'adjudant-chef, à l'hôtel Holiday Inn, le plus étoilé de la ville. 

Arrivés en fanfare et sous une pluie de gyrophares:

- "Verry sorry and welcome to China !"... 

 

 

 

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