4ème Semaine - Népal

Tanki Manang, Népal le 29/11/2015

 

Col du Thorong La, 5'416 mètres.

 

Une étrange atmosphère de calme et sérénité accompagne notre montée au col. Au camp de base, la nuit à été courte et le sommeil léger. Mélange d’anxiété, d’excitation,  d’angoisse et d’impatience…

Dans la froideur du petit matin à la lueur de nos lampes frontales, le pas se fait lourd, la respiration lente et profonde. Nous progressons à la manière de deux machines robotisées, emmenée par le tempo du claquement de nos bâtons de marche sur la roche encore gelée. Pas après pas, le froid se fait plus vif, le vent plus cinglant. Le corps et l’esprit ne font plus qu’un, unis d’un un même effort, vers un même objectif. Il faut avancer, ne pas se déconcentrer, continuer…

Encore une combe, un faut plat, un névé, peut-être derrière ce dénivelé.

Alors que les étoiles  et la lune tirent leur révérence et que les hauts sommets enneigés himalayens se fardent de rose, nous apercevons au loin un arc-en-ciel de drapeaux à prière claquants au vent et luisants sous les premiers rayons du soleil. Nous sommes enivrés par l’altitude, éblouis par le spectacle de cime, de roche, de neige et de glace qui s’offre enfin à nous. La troisième tentative est la bonne ! Cette fois-ci les esprits de la montagne ont été clément et généreux. Nous déroulons notre guirlande multicolore et laissons s’envoler les mantras magiques pour la santé et le bonheur de nos familles, de nos amis, des gens qu’on aime et même de ceux qu’on n’aime pas.  Ki ki so so lha gyalo !…

La descente se fait a un rythme endiablé. Malgré la fatigue et le poids des sacs sur les épaules, nous sommes survoltés. Quatre à quatre, nous dévalons les escaliers de pierres disloqués par les années. Nous glissons sur les plaques de neige accrochées aux flancs ombragés de la montagne, survolons les pierriers, surfons sur les langues sablonneuses. Le fond de la vallée est proche. Les canyons ocre et rouges du Royaume du Mustang visités l’an passé sont à portée de chaussures.

Une seconde d’inattention, un pied mal assuré et c’est la chute. Dans un nuage de poussière phénoménale Joao exécute un triple salto avec double vrille et freinage d’urgence sur la tête et les mains. (chorégraphie 10 points, réception 0). Les premiers soins sont donnés sur place. Lavage grossier des plaies à l’eau minérale, désinfection et bandage. Le patient est sonné et en état de choc, l’infirmier en herbe prêt à tourner de l’œil. Une visite au chaman local est organisée dès notre arrivée au village. Quelques onguents (collyre pour les yeux, tablettes pour les problèmes digestif et crème musculaire), deux trois incantations et du repos !

Après trois jours de convalescence, nous reprenons notre route plein d’entrain. Nous avons eu de la chance dans notre malheur, le Rêve d’Aventures aurait pu se terminer là ! La montagne n’est pas un terrain de jeux, il faut rester humble et toujours la respecter, un accident est vite arrivé… nous en prenons bonne note !

 

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